Classification des articulations

9.1 Classification des articulations

Objectifs d'apprentissage

À la fin de cette section, vous serez capable de :

  • Distinguer les classifications fonctionnelles et structurelles des articulations
  • Décrire les trois types fonctionnels d'articulations et donner un exemple de chacun
  • Énumérer les trois types d'articulations diarthrodiales

Une articulation, également appelée articulation, est tout endroit où des os adjacents ou un os et du cartilage se rejoignent (s'articulent entre eux) pour former une connexion. Les articulations sont classées à la fois structurellement et fonctionnellement. Les classifications structurelles des articulations tiennent compte du fait que les os adjacents sont fortement ancrés les uns aux autres par du tissu conjonctif fibreux ou du cartilage, ou si les os adjacents s'articulent entre eux dans un espace rempli de liquide appelé cavité articulaire. Les classifications fonctionnelles décrivent le degré de mouvement disponible entre les os, allant des articulations immobiles, aux articulations légèrement mobiles, aux articulations librement mobiles. L'amplitude de mouvement disponible au niveau d'une articulation particulière du corps est liée aux exigences fonctionnelles de cette articulation. Ainsi, les articulations immobiles ou légèrement mobiles servent à protéger les organes internes, à donner de la stabilité au corps et à permettre un mouvement corporel limité. En revanche, les articulations librement mobiles permettent des mouvements beaucoup plus étendus du corps et des membres.

Classification structurelle des articulations

La classification structurelle des articulations est basée sur le fait que les surfaces articulaires des os adjacents sont directement connectées par du tissu conjonctif fibreux ou du cartilage, ou si les surfaces articulaires se contactent dans une cavité articulaire remplie de liquide. Ces différences servent à diviser les articulations du corps en trois classifications structurelles. Une articulation fibreuse est un endroit où les os adjacents sont unis par du tissu conjonctif fibreux. Au niveau d'une articulation cartilagineuse, les os sont unis par du cartilage hyalin ou du fibrocartilage. Au niveau d'une articulation synoviale, les surfaces articulaires des os ne sont pas directement connectées, mais entrent plutôt en contact les unes avec les autres dans une cavité articulaire remplie d'un liquide lubrifiant. Les articulations synoviales permettent une libre circulation entre les os et sont les articulations les plus courantes du corps.

Classification fonctionnelle des articulations

La classification fonctionnelle des articulations est déterminée par l'amplitude de mobilité trouvée entre les os adjacents. Les articulations sont ainsi classées fonctionnellement comme une synarthrose ou articulation immobile, une amphiarthrose ou articulation légèrement mobile, ou comme une diarthrose, qui est une articulation librement mobile (arthroun = « attacher par une articulation »). Selon leur emplacement, les articulations fibreuses peuvent être classées fonctionnellement comme une synarthrose (articulation immobile) ou une amphiarthrose (articulation légèrement mobile). Les articulations cartilagineuses sont également classées fonctionnellement comme une synarthrose ou une amphiarthrose. Toutes les articulations synoviales sont classées fonctionnellement comme une diarthrose.

Synarthrose

Une articulation immobile ou presque immobile est appelée synarthrose. La nature immobile de ces articulations assure une union forte entre les os articulaires. Ceci est important aux endroits où les os protègent les organes internes. Les exemples incluent les sutures, les articulations fibreuses entre les os du crâne qui entourent et protègent le cerveau (Figure 9.2), et l'articulation manubriosternale, l'articulation cartilagineuse qui unit le manubrium et le corps du sternum pour la protection du cœur.

Cette image montre la vue latérale du squelette humain. Les sutures lambdoïde, coronale et squameuse sont étiquetées.
Figure 9.2 Articulations de suture du crâne Les articulations de suture du crâne sont un exemple de synarthrose, une articulation immobile ou essentiellement immobile.

Amphiarthrose

Une amphiarthrose est une articulation qui a une mobilité limitée. Un exemple de ce type d'articulation est l'articulation cartilagineuse qui unit les corps des vertèbres adjacentes. L'espace entre les vertèbres est rempli d'un épais coussinet de fibrocartilage appelé disque intervertébral (Figure 9.3). Chaque disque intervertébral unit fortement les vertèbres mais permet néanmoins une quantité limitée de mouvement entre elles. Cependant, les petits mouvements disponibles entre les vertèbres adjacentes peuvent s'additionner le long de la colonne vertébrale pour permettre de grandes amplitudes de mouvements corporels.

Un autre exemple d'amphiarthrose est la symphyse pubienne du bassin. Il s'agit d'une articulation cartilagineuse dans laquelle les régions pubiennes des os coxaux droit et gauche sont fortement ancrées l'une à l'autre par du fibrocartilage. Cette articulation a normalement très peu de mobilité. La force de la symphyse pubienne est importante pour conférer une stabilité portante au bassin.

Cette image montre la vue latérale du disque intervertébral situé entre deux disques vertébraux.
Figure 9.3 Disque intervertébral Un disque intervertébral unit les corps des vertèbres adjacentes au sein de la colonne vertébrale. Chaque disque permet un mouvement limité entre les vertèbres et forme ainsi fonctionnellement un type d'articulation amphiarthrose. Les disques intervertébraux sont constitués de fibrocartilage et forment ainsi structurellement un type d'articulation cartilagineuse de symphyse.

Diarthrose

Une articulation librement mobile est classée comme une diarthrose. Ces types d'articulations comprennent toutes les articulations synoviales du body, qui assurent la majorité des mouvements corporels. La plupart des articulations diarthrodiales se trouvent dans le squelette appendiculaire et confèrent ainsi aux membres une large amplitude de mouvement. Ces articulations sont divisées en trois catégories, basées sur le nombre d'axes de mouvement fournis par chacune. Un axe en anatomie est décrit comme les mouvements en référence aux trois plans anatomiques : transverse, frontal et sagittal. Ainsi, les diarthroses sont classées comme des articulations uniaxiales (pour un mouvement dans un seul plan), biaxiales (pour un mouvement dans deux plans) ou multiaxiales (pour un mouvement dans les trois plans anatomiques).

Une articulation uniaxiale ne permet un mouvement que dans un seul plan (autour d'un seul axe). L'articulation du coude, qui ne permet que la flexion ou l'extension, est un exemple d'articulation uniaxiale. Une articulation biaxiale permet des mouvements dans deux plans. Un exemple d'articulation biaxiale est une articulation métacarpophalangienne (articulation de la phalange) de la main. L'articulation permet un mouvement le long d'un axe pour produire la flexion ou l'extension du doigt, et un mouvement le long d'un deuxième axe, qui permet d'écarter les doigts les uns des autres et de les rapprocher. Une articulation qui permet plusieurs directions de mouvement est appelée articulation multiaxiale (articulation polyaxiale ou triaxiale). Ce type d'articulation diarthrodiale permet un mouvement le long de trois axes (Figure 9.4). Les articulations de l'épaule et de la hanche sont des articulations multiaxiales. Elles permettent au membre supérieur ou inférieur de se déplacer dans une direction antéro-postérieure et une direction médio-latérale. De plus, le membre peut également être tourné autour de son axe longitudinal. Ce troisième mouvement entraîne la rotation du membre de sorte que sa surface antérieure est déplacée soit vers, soit loin de la ligne médiane du corps.

Cette image montre une articulation multiaxiale. Le panneau de gauche montre l'acétabulum de l'os coxal et la tête du fémur. Le panneau de droite montre une structure d'articulation sphéroïde simplifiée pour illustrer le mouvement de l'articulation de la hanche.
Figure 9.4 Articulation multiaxiale Une articulation multiaxiale, telle que l'articulation de la hanche, permet trois types de mouvement : antéro-postérieur, médio-latéral et rotationnel.